Un mois de tourisme en Afrique de l’Ouest

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Nous avons passé plus d’un mois en Afrique de l’Ouest, entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso et nous voulions en profiter pour donner quelques conseils à ceux qui voudraient s’y rendre pour faire un peu de tourisme. Voici donc un petit retour d’expérience !

Le tourisme
Un slow tourism avec les habitants

Vous savez sûrement déjà que les situations politiques et économiques de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso ont fait baisser leur côte de popularité auprès des touristes. C’est pourquoi organiser un voyage dans ce coin de l’Afrique est bien différent d’organiser un voyage dans une métropole aux mille attractions pensées pour les touristes. Il y a peu de lieux touristiques types « sight seeing » et la découverte du pays se fait à travers la découverte de la vie locale. On découvre l’histoire du pays, des traditions, ses coutumes et son univers en discutant avec les habitants plus qu’en allant voir une exposition au musée national. Ce qui nous emmène au point suivant…

Le logement
Vivre avec les locaux

Nous avons privilégié le logement chez l’habitant tout au long de notre périple. À Abidjan et à Ouagadougou, nous avons expérimenté le CouchSurfing. C’est une plateforme qui met en relation des personnes dans le monde ayant des canapés disponibles pour accueillir des voyageurs et des backpackeurs cherchant un coin où dormir et échanger avec des locaux. À Abidjan, nous sommes tombées chez le CouchSurfer en chef de la ville, j’ai nommé Moustafa. Se voulant ambassadeur de sa ville adorée, il nous a fait découvrir ses quartiers favoris dès le premier jour pour nous donner quelques repères. Quoi de mieux pour découvrir une ville ? C’est aussi grâce à cette formule de logement que nous avons pu faire de belles rencontres hasardeuses ! À Abidjan, un colocataire de Moustafa était Zana, étudiant en art, français, en Erasmus pour le semestre. À Ouagadougou, une colocataire de notre hôte était Justine, jeune designer textile à la tête d’un projet engagé. Zana nous a permis de rencontrer les étudiants en art d’Abidjan dont nous parlions dans cet article, et Justine nous a expliqué les enjeux de son projet Weaving for Change. Que de belles rencontres rendues possible grâce au CouchSurfing !

Nous avons également été accueillies chaleureusement par les organismes de production textile que nous venions rencontrer. Grâce à ces professionnels amateurs de partage, nous avons pu vivre au rythme local. De cette manière, une membre de UGAN à Korhogo est devenue notre maman ivoirienne, et l’association AfrikaTiss a Ouagadougou nous a offert deux chambres. Ces organismes, comme plein d’autres, proposent des solutions de logements à des personnes voulant leur donner un coup de pouce en faisant du volontariat. C’est aussi une manière de découvrir le pays, sa culture, ses habitants, et un projet en particulier. Les plateformes WorkAway et Woofing recensent quelques annonces de missions de volontariat proposées aux quatre coins du monde.

Nous avons également testé quelques nuits une auberge à Ouagadougou, et un hôtel en transit durant un long voyage en bus. Ces options offrent une autre manière de voir le pays. Mais avec le peu de touristes, les offres d’hôtels sur internet (sur les sites classiques comme Booking) sont rarement à jour et parfois il est un peu difficile de savoir l’état actuel de l’hébergement en question. Sauf quand les hôtels s’adressent à un autre public que les touristes… À Ouagadougou, nous étions chez Giuliana, une auberge pleine de charme, de couleurs, et d’Occidentaux en mission de coopération internationale !

L’alimentation
Goûter les spécialités locales en respectant ses convictions

La découverte d’un pays passe par la dégustation de ses mets typiques ! Fines gourmandes et gourmets, nous ne sommes pas passées à côté ! En Côte d’Ivoire nos amis artistes et notre maman d’adoption nous ont fait goûter beaucoup de bonnes choses. Il faut savoir que les plats ivoiriens sont souvent construits autour de la viande. Étant végétarienne, ça m’est apparu un peu complique d’y échapper au début. Mais finalement, en faisant preuve de persévérance et en étant clair dans ses commandes (les français tournent autour du pot et ne se font pas comprendre par les africains francophones), c’est possible d’être veggie ! Les plâtrées d’attieke (semoule de manioc) et d’allocos (bananes frites) ont satisfaits mon appétit un grand nombre de fois en Côte d’Ivoire. Au Burkina, le riz est le centre de beaucoup de plats. On le cuisine avec de la sauce, ou on la propose à part (feuilles, tomates, bœuf, poisson ou arachides, il y en a pour tous les goûts). Mais attention, les portions sont énormes et servent à certains locaux d’acquérir plein de calories pour tenir une journée entière de travail pénible sous le soleil. Autant dire qu’en tant que touriste, c’est souvent beaucoup trop ! Apporter un Tupperware permet d’éviter le dilemme ventre-qui-explose-ou-riz-à-la-poubelle.

Pour ce qui est de l’eau, vous savez déjà certainement que nos petits organismes d’Occidentaux ne supportent pas l’eau courante des robinets africains. À la maison nous n’utilisons jamais de bouteille en plastique, alors en utiliser en voyage, voire même utiliser des sachets de 50mL d’eau, ça ne nous donnait pas trop envie. Nous avons opté pour la gourde à filtre !

Nous réduisions de plus en plus nos déchets du quotidien en France avant notre départ, alors il était hors de question de faire abstraction de cet enjeu à l’étranger ! Ça n’a pas de sens de polluer et d’endommager un pays que l’on visite. Alors pour les adeptes du zéro déchet (et nous espérons que vous êtes nombreux), le Tupperware et le filtres sont des must-have. Pour parer aux sacs plastiques qui emballent a peu près tout, vous pouvez aussi vous équiper d’un totebag et de petits pochons en tissu, comme en France !

Le déplacement
Réussir à trouver le compromis le moins polluant

Au sein des villes par lesquelles nous sommes passées, les déplacements se font beaucoup en taxi. Il y a peu de transport en commun dans l’ensemble… À Abidjan, nous avons trouvé le bon compromis pour ne pas se ruiner et ne pas être trop actrices des embouteillages et des pots d’échappements désagréables : le worö-worö ou taxi partagé. Ils ont des couleurs différentes en fonction des quartiers et se vident et se remplissent tout au long du trajet. Il faut savoir qu’il n’y a pas réellement d’adresse, ni en Côte d’Ivoire ni au Burkina Faso. Donc tout le monde se repère avec les noms de quartiers, les commerces avoisinant, les écoles à proximité… Et pour une autre information pratique : qui dit pas d’adresse, dit pas de poste ! Donc vous risquez d’avoir du mal à envoyer vos cartes postales, mais en vous donnant un peu de mal vous en trouverez dans les grandes villes. Par contre, impossible de recevoir des colis.

Pour se déplacer entre les villes, nous nous étions renseignées avant de partir, et beaucoup nous conseillaient l’avion, par mesure de sécurité… Mais nous nous sommes essayées au bus, beaucoup moins énergivore !!! Et l’expérience nous a assez convaincue pour qu’on s’y tente trois fois ! Il y en a beaucoup qui partent tous les jours de chaque ville et ils sont très empruntés par les locaux. Il n’y a aucun problème de sécurité, les passagers sont même prêts à nous aider s’il y a incompréhension. Les trajets sont longs, mais les Africains ne gèrent pas le temps de la même manière ; tout le monde est calme durant le voyage, aucun enfant ne bronche, et nous finissons même par devenir patientes aussi. La télé occupe les passagers et nous instruit beaucoup sur les mœurs de cet autre continent. Et quand les téléfilms nous lassent, il suffit de se plonger dans le paysage qui défile…

Les souvenirs
Faire des cadeaux utiles, c’est possible

Nous avons découvert une réalité qui nous avait jusque là échappée. L’artisanat africain tel qu’on le connait a réellement connu ses heures de gloire quand l’Afrique de l’Ouest était une destination touristique en vogue. La plupart des artisans continuent de produire tout en sachant que s’ils vendent une ou deux pièces par semaine c’est un miracle. Cette réalité nous a ouvert les yeux sur l’importance de faire vivre l’artisanat local. En achetant pour votre oncle un joli masque en bois ou un beau bijou pour votre meilleur.e ami.e, vous contribuez au développement d’une famille et vous permettrez peut-être à un enfant d’aller à l’école ou de manger à sa faim. Et n’hésitez pas à discuter avec les artisans de ce que vous comptez acheter, car souvent une jolie symbolique se cache derrière. Cependant, il ne faut pas hésiter à marchander pour payer le prix juste.

En conclusion, nous espérons que vous aurez compris que nous vous conseillons chaudement d’aller visiter l’Afrique de l’Ouest. Nous ne parlons bien sûr que des deux pays que nous avons visités, mais ce mois sur place nous a donné envie de revenir pour s’y aventurer encore un peu plus. Le Togo, le Ghana, le Sénégal et les autres pays ont encore beaucoup de choses à nous dévoiler. Tant au niveau textile et artisanat qu’au niveau humain. Et si on peut vous donner un dernier conseil que l’on partage avec tous ceux qui sont allés dans cette partie du monde… Restez certes prudent.e.s mais n’écoutez pas tous les conseils qui se veulent avisés des gens qui n’y ont jamais mis les pieds et qui vous assurent que vous risquez votre vie en partant. Les problèmes de sécurité sont certes une réalité, particulièrement au Burkina, mais il faut surtout écouter son instinct de voyageur.

Si certains d’entre vous sont déjà allés dans ces pays ou d’autres d’Afrique de l’Ouest, nous serions ravies de connaître vos impressions également ! Comment s’est passé votre séjour ? Qu’avez-vous choisi comme type de voyage ? Quel est votre meilleur souvenir ? Votre plus belle rencontre ? N’hésitez pas à nous laisser un petit message en commentaire pour nous raconter tout ça !

10 Responses

  1. chevalier françoise

    merci les filles pour ces impressions et ces conseils. Bonne route pour 2019, je serai ravie d’avoir vos impressions de voyage. Bises

  2. Stéphanie

    Bravo les filles. Profitez à fond de votre expérience. Ce n’est que positif et des souvenirs à jamais gravés.
    Stephanie

  3. Bonneville

    Je n ai jamais tenté l expérience en Afrique de l Ouest….mais votre récit me donne envie…
    Bonne continuation.
    Biz
    Nathalie

  4. Helene

    Bonjour, Je viens de tomber sur votre site car je fais partie d’Afrika Tiss. Très belles photos et très belle vidéo!

    J’ai une petite question pratique : quand vous dites que vous avez utilisé un Tupperware pour conserver les trop plein de nourriture, vous le conserviez comment? Vous aviez accès à un frigo? Ou vous le mangiez dans la journée?

    • Chloé Stenger

      Bonjour Hélène !

      Merci beaucoup !!

      Nous avions généralement accès à un frigo. Mais bon, finalement les restes étaient le plus souvent consommés dans la journée ! Du riz gras au resto à midi, et hop du riz gras « à la maison » le soir 🙂

  5. Stéphane Stenger

    Merci pour ce beau témoignage de cette belle Afrique ; un regard qui me rappelle ce que j’y ai vécu, à peu près au même âge que vous, au Burkina ; un regard qui évite bien des pièges (misérabilisme, ou au contraire aveuglement par un trop de fascination… même si cette Afrique a bien quelque chose de fascinant !). Vous me donnez envie d’y retourner !

  6. DANIELA PATALACCI

    Hello les filles, je viens de relire vos commentaires sur le Burkina vu les évènements !!! Bravo bons commentaires.
    Moi j’au séjourné 3 semaines au Mozambique en octobre novembre 2018 . J’ai pensé à vous car les habitants récupèrent tout et transforment tout.. extraordinaire. Les pauvres malheureusement ils ont subi deux ouragans en quelques semaines… Bonne continuation aux States….

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