Les vêtements que l’on aime #1

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Inspirées par le fanzine #002 Loved Clothes Last (les vêtements qu’on aime durent longtemps) de Fashion Revolution et les idées de Jonathan Chapman dans son livre Emotionnally Durable Design (le design émotionnel durable), nous vous proposons de réfléchir au lien que nous tissons avec nos propres vêtements, et l’impact écologique que cela engendre.

Dans la grande majorité des cas, nous renouvelons toujours plus vite nos garde-robes. Cela est dû à plusieurs facteurs : les collections qui changent très rapidement dans les magasins et créent du désir, des prix minis qui créent moins de pression sur notre porte-feuille, une qualité souvent moindre donc des vêtements qu’il faut changer, etc. Devant toutes ces situations, nous achetons pour plusieurs raisons : avoir du choix quand nous nous habillons le matin et remplacer des pièces usées que l’on ne peut plus mettre…

Mais qui n’a pas ce pull tout doux qu’on met un jour sur deux par grand froid, ou cette écharpe que notre mamie nous a offerte, à laquelle on tient tant et qu’on refuse de laisser de côté, ou encore ce pantalon dans lequel on se sent beau.elle et qui trône toujours tout en haut de notre pile de vêtements ?

Il y a ces vêtements que l’on aime, qui ont une valeur sentimentale parce qu’ils nous ont été offerts, parce qu’ils nous rappellent un bon moment, ou parce que leur forme, leur couleur ou le fabricant nous a conquis. Ces vêtements, ce sont ceux que l’on refuse de remplacer, ceux que l’on répare s’ils venaient à montrer quelques signes de vieillesse, ceux que l’on ne jette pas.

Choisir de n’avoir dans sa garde-robe que des vêtements de ce type, c’est choisir de remplacer l’achat compulsif par l’achat raisonné. C’est se souvenir que si on a déjà un super pantalon dans son placard de cette couleur que l’on adore, inutile d’en acheter un deuxième, même s’il est soldé. Et c’est surtout choisir de prendre soin de ses vêtements puisqu’on y tient. C’est un acte écologique et solidaire.

Pour illustrer tout ça, nous vous proposons trois portraits accompagnés de leur tenue préférée (d’hiver).

 

« Mes chaussures, c’est les chaussures dans lesquelles j’ai chaud et que j’emmène partout. Je me sens si bien dedans, je les adore. C’est comme une seconde peau, des chaussons. En été et en hiver, avec et sans chaussettes. Ma doudoune, je me sens bien dedans. J’aime beaucoup sa couleur même si tout le monde se moque et dit que c’est une veste de chantier. Au moins, on me reconnaît, et on me voit le matin sur ma bicyclette. Et avec mes cheveux, impossible de mettre un bonnet, alors je mets la capuche ! Mon écharpe ressemble à une grosse couverture : elle a des carreaux, elle est toute douce et toute chaude. Au début je ne la mettais qu’en sortant de la piscine parce qu’elle me tenait chaud, je pouvais mettre ma tête dedans. Finalement cette année, je la mets tout le temps, je me sens bien avec. » Florence

 

« C’est ma tenue  trift traveler. Le chapeau, tout juste chiné dans une super boutique de seconde main ici à Florence, vient couvrir et protéger ma tête et mes épaules du froid. Je porte sur ces épaules un manteau de la marque Drykorn, une des rares pièces de ma garde robe ayant été acheté neuve, il y a déjà plus de 5ans. J’avais alors 15 ou 16ans lorsque je l’ai acheté un hiver luxembourgeois glacial, charmé par son poids conséquent, son col en fausse-fourrure amovible, sa ceinture cintrant la taille et ses boutons en corne naturelle. Aujourd’hui, je n’achèterai plus une telle pièce de part son prix exorbitant, et d’autre part sa faible qualité (la perception change avec le temps et l’éducation…). La doublure s’est évidemment désintégrée au niveau des fesses, mais ce n’est pas une raison suffisante pour l’envoyer à la poubelle. Un morceau de velours, une aiguille, du fil et un peu de temps on suffit pour prolonger la vie de ce manteau qui a tout de même une qualité certaine : son allure. Sous ce manteau, une veste de sport, de toute aussi mauvaise qualité, mais cette fois récupérée et sauvée de la poubelle. Son intérêt réside dans sa coupe, cintrée, et ses multiples poches la rendant très pratique en voyage. Je l’appelle ma veste de safari, pour aller chasser de belles images dans la jungle urbaine ou dans la forêt sans avoir peur de l’abimer. Encore plus en dessous, une chemise Levi’s achetée en seconde main, avec de jolis détails comme un col button-down mais où les boutons sont cachés, assortie avec une cravate vintage en soie tricotée, chinée dans la même boutique que le chapeau et offerte par ma Chloé ❤. Le pantalon quant-à-lui est un vestige des vêtements de mon père, lorsqu’il avait le même tour de taille que moi. Les pinces lui confèrent un petit côté vintage malgré son tissu et sa coupe moderne et presque slim. Il laisse apercevoir une paire de Full Brogues, récupérées elles-aussi des artefacts de mon père il y a alors 5 ans, et récemment ressuscitées par un chouette cordonnier de Turin, et par une bonne cure de cirage. Leur nouvelles semelles Dainite en caoutchouc et leurs perforations font d’elles de vraies baroudeuses, mais elles conviennent aussi aux tenues plus formelles, bref un vrai couteau suisse ! » Minh-Son

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Mon vêtement idéal est un vêtement que je porte souvent. Autrement dit, il doit répondre à un large éventail de critères qui guident chaque jour mon choix de tenue. Ces critères sont fonction de la météo, du contexte de ma journée et de mon humeur. Je rajouterais cependant le confort comme un prérequis.
Actuellement c’est mon Caban Saint-James qui sort vainqueur du palmarès.
Acheté sur l’Ile de Ré à un prix attractif il y a deux ans, je peux dire que ce fut une heureuse acquisition. Ce Caban de belle facture est chic par sa coupe classique mais pas strict. Il présente de petites fantaisies bien intégrées comme les pointes de couleur rouge sur les boutonnières et les poches intérieures ou encore sur son revers de col à poids. Sa doublure en véritable jersey marinière m’autorise à le porter aussi en mode « décontracté » et sa forme cintrée fait référence à l’élégance de l’aventurier Corto Maltese. Par grand froid, je l’enfile par-dessus ma petite doudoune jaune. Autant dire qu’il ne m’a pas quitté de tout l’hiver et qu’il reste mon basic en intersaison.
Je pense que c’est la clé pour moi : un beau vêtement pour plusieurs usages en toutes circonstances ! » Isabelle

 

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