L’impact toxique des vêtements sur notre santé

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Depuis une dizaine d’années, nous faisons de plus en plus attention à ce que nous mangeons et ce que nous utilisons sur notre corps comme cosmétiques. Mais pourquoi les vêtements que nous portons passent à la trappe de notre vigilance ? Si vous vous intéressez aux problématiques de la fast-fashion vous commencez à savoir que ce n’est bon ni pour l’environnement, ni pour les personnes qui la produisent. Mais qu’en est-il de son impact sur votre santé à vous, les porteurs de ces vêtements ?

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Des compositions toxiques

Je me suis penchée sur un rapport Greenpeace datant de 2012, « les dessous toxiques de la mode ». Dans cette étude, 141 articles de 20 marques de prêt-à-porter différentes (homme, femme et enfants) ont été testés pour y déceler la présence de produits toxiques. Ces vêtements étaient produits dans plus de 18 pays différents, principalement dans l’hémisphère sud.

Résultats : 86% des échantillons contenaient des éthoxylates de nonylphénol (NPE), des concentrations élevées de phtalates toxiques ont été détectées, ainsi que des amines cancérogènes résultant de l’utilisation de certains colorants.

Lire le résumé en Français : https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2017/02/Les-dessous-toxiques-de-la-mode_2012.pdf

Mais qu’est-ce que c’est que ce charabia ? Des éthoxy-quoi ?

Les éthoxylates de nonylphénol ou dérivés éthoxylés du nonylphénol (NPE) sont des composés chimiques créés par l’homme, qui n’existent donc pas à l’état naturel.
Avec le temps, ils deviennent des nonylphénols (NP), qui eux ne se dégradent que très difficilement. Ces derniers sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens, toxiques pour la reproduction des animaux et des hommes, ils constituent d’ailleurs un poison mortel pour les créatures aquatiques.

Les phtalates sont couramment utilisés comme plastifiants ou pour rendre plus souples des matières plastiques, telles que le PVC. Ces composants chimiques migrent facilement dans l’environnement à l’usage, à l’occasion de lavages ou en fin de vie des produits. Ainsi on en retrouve dans les denrées alimentaires, l’air, les nappes phréatiques, ainsi que dans les tissus humains, le sang et le lait maternel. Leur toxicité pour les êtres humains et les animaux est particulièrement inquiétante. A faible dose, ils peuvent perturber le système reproducteur, et à plus forte dose, un impact sur le fonctionnement du foie et des reins a été mis en évidence.

 

Responsabilité et transparence pour les marques

Depuis le début de la campagne Detox en 2011, Greenpeace a lancé l’objectif « zéro-rejet » et a demandé aux multinationales de la fast-fashion de mettre fin à l’utilisation des substances toxiques pour 2020 et de favoriser l’adoption de bonnes pratiques d’un bout à l’autre de leurs chaînes d’approvisionnement. Des enseignes comme H&M et Zara se sont engagées dès le départ, d’autres ont mis plus de temps.

En 2016 on comptait 76 marques et fournisseurs textile engagées dans le « zéro-rejet ». Greenpeace a évalué l’avancement de 19 d’entre-elles et malgré les réticences avancées par certaines il y a 5 ans, quelques-unes sont en bonnes voies de désintoxication contrairement à d’autres.

Lire l’évaluation en entier (anglais) : http://www.greenpeace.org/archive-international/en/campaigns/detox/fashion/detox-catwalk/

Ce n’est certes pas suffisant, c’est une goutte d’eau dans l’océan, mais ça nous permet d’avoir un peu d’espoir de voir ces dinosaures de la fast-fashion tenter de s’améliorer. Et si le projet Tisseuses d’idées existe c’est aussi pour ça, pour voir les choses du côté positif.

 

Et nous dans tout ça, on fait quoi ?

Au premier abord, le problème semble assez complexe. En effet, les vêtements traditionnels que l’on trouve partout sont encore remplis de produits chimiques et il va falloir du temps avant que les choses ne changent réellement de ce côté-là.

Premièrement on achète moins et mieux, on privilégie les matières naturelles (coton non-biologique exclu) et/ou certifiés, les labels tels que GOTS ou Oeko-Tex garantissent l’absence de substances nocives. A savoir aussi que les vêtements produits au sein de l’Union Européenne sont beaucoup plus contrôlés et contiennent moins de produits toxiques.

Ensuite, on lave moins et on lave naturel. En effet dans une précédente étude, Greenpeace, toujours, a étudié la présence des NPE dans les tissus après lavage en machine.

« Les résultats de ces analyses, synthétisés dans le rapport Dirty Laundry: Reloaded, montrent ainsi que la pollution liée au secteur du textile s’étend bien au-delà des pays de fabrication. Le lavage des vêtements, puis leur mise en décharge, provoque le rejet de NPE dans l’environnement, où ils se dégradent en nonylphénol (NP), une substance toxique même à très faible dose, qui s’accumule dans les sédiments, atteint la nappe phréatique et se retrouve dans la chaîne alimentaire par bioaccumulation. »

 

 

On espère que cet article vous aura plu et vous aura ouvert les yeux sur l’impact qu’on les vêtements sur notre santé, ici et maintenant. La fast-fashion ne concerne pas seulement les rivières en Chine et les ouvriers du Bangladesh, elle nous concerne tous. Nous aimerions faire d’autres articles plus informatifs comme celui-ci, n’hésitez pas à nous dire si vous avez des sujets en tête.

2 Responses

  1. Minh-Son Nguyen

    Des petits conseils pour laver en ayant la conscience tranquille ? 🙂

    • Louna

      C’est le sujet d’un prochain article, on en fait la promesse 😉

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